Ellis Island, porte d’entrée des immigrants aux États-Unis

Je vous ai parlé dans mon article précédent de ma visite à Little Italy, le quartier où se sont regroupés une grande partie des Italiens ayant immigré à New York à partir de la fin du XIXe siècle jusque dans les années 1950. Durant cette période, la plupart de ces immigrants italiens sont passés par Ellis Island, la principale porte d’entrée des immigrants aux États-Unis de 1892 à 1954, date de sa fermeture.

L'entrée d'Ellis Island
L’entrée d’Ellis Island

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La vieille qui mit fin à la conjuration contre le doge

Dans la rue Mercerie, la plus ancienne rue commerçante de Venise, à proximité de la Tour de l’horloge, se trouve un étrange haut-relief représentant une vieille femme en train de jeter un mortier.

Haut-relief de la vieille femme conjurant le coup d'état
Haut-relief de la vieille femme conjurant le coup d’état
La rue Mercerie à Venise
La rue Mercerie à Venise

Ce haut-relief illustre un épisode insolite de l’histoire de Venise. En 1297, le doge Pietro Gradenigo met en place à Venise la Serrata, la fermeture, du Grand Conseil. Venise devient une oligarchie héréditaire. En 1310, en réaction à cette réforme,  une conjuration contre le doge se créé avec à sa tête Bagiamonte Tiepolo et son beau-père Marco Querini, unis à d’autres familles patriciennes. Les conspirateurs décident de passer à l’action le 15 juin mais le doge, ayant été informé de cette tentative de coup d’état, envoie sa garde armée contrer l’action. Ainsi, les insurgés se retrouvent surpris face aux partisans du doge, bien plus nombreux, sur la piazza San Marco et battent en retraite par les Mercerie. Dans la rue, au niveau du Sottoportego del Cappello, une vieille dame nommée Giustina Rossi, aperçoit de sa fenêtre la scène et fait tomber un mortier sur la tête du porte-drapeau des conspirateurs, le tuant sur le coup. Cet épisode provoque un tel mouvement de panique que la conjuration s’arrête aussitôt.

La vieille dame réclame en retour du service rendu le droit de déployer à son balcon la bannière de San Marco le 15 juin et en d’autres jours de fête et que le loyer de sa maison ne soit jamais augmenté.
Sous le haut-relief on peut voir une plaque de marbre blanc qui indique le lieu où tomba le mortier.

Comment Venise déjoua les dernières volontés du condottiere Bartolomeo Colleoni

Sur le campo Santi Giovanni e Paolo à Venise se dresse une statue équestre représentant un personnage à l’allure fière et triomphante. Il s’agit du célèbre condottiere, Bartolomeo Colleoni, né en 1400 à Solza, près de Bergame.

La statue équestre de Bartolomeo Colleoni

Au moyen-âge, les condottieri, les chefs de mercenaires, apparurent en Italie où les cités-Etat, en situation de tension constante et de lutte pour préserver leur indépendance, devaient faire appel à des mercenaires pour protéger leur terre.

A l’image des autres villes italiennes, Venise engagea des condottieri pour défendre ses territoires en terre ferme, et il y en a un qui s’illustra particulièrement par ses hauts faits guerriers : Bartolomeo Colleoni. Colleoni fut  tantôt au service de Milan, tantôt de Venise, au gré des contrats les plus offrants. Cependant, dans les années 1450, Venise parvint à se l’attacher exclusivement en échange d’importantes sommes allouées et de diverses seigneuries dans la région de Bergame.

A sa mort en 1475, Colleoni avait amassé une immense fortune qu’il choisit de léguer en partie à la Sérénissime. Seule condition : Venise devait ériger un monument à sa gloire sur la Piazza « devant San Marco ». La ville ne pouvait consentir à honorer cette demande, se refusant de célébrer la gloire personnelle de quiconque sur la fameuse Piazza San Marco, le cœur de la cité. Ainsi, Venise contourna la difficulté en lui dressant une statue sur le campo Santi Giovanni e Paolo, devant la scuola San Marco ! Néanmoins, Venise choisit deux sculpteurs talentueux pour réaliser la statue : le sculpteur florentin Andrea del Verrocchio et Alessandro Leopardi.

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La scuola San Marco
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Le Campo Santi Giovanni e Paolo

André Suarès fait le portrait suivant de la statue de Colleoni dans son ouvrage Voyage du condottiere, paru en 1910 :

Colleone est amer. Il a l’air du mépris, qui est le plus impitoyable des sentiments. Il tourne le dos, avec une violence roide et tranchante comme le Z de l’éclair ; il fend le siècle, repoussant la foule d’un terrible coup de coude. On a bien fait de le mettre sur une place solitaire. Sa bouche d’homme insomnieux, qui a l’odeur de la fièvre, ses lèvres sèches que gerce l’haleine des longues veilles, et où le dégoût a jeté ses glacis, ne pourraient s’ouvrir que pour laisser tomber de hautains sarcasmes. Il n’y a rien de commun entre ce héros passionné, fier, croyant, d’une grâce aigüe dans la violence, et le troupeau médiocre qui bavarde à ses pieds, ni les Barbares qui lèvent leur nez pointu en sa présence. Il est seul de son espèce.

Sources :